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Approche ostéopathique chez l'enfant trisomique. Introduction Le principal message que je veux vous transmettre est la précocité d'intervention chez vos bébés. Le bénéfice d'une prise en charge osteopathique sera d'autant plus important que nous pourrons travailler tôt. Je développerai ultérieurement l'abord du bébé et celui de l'enfant trisomique. Voici une définition de l'ostéopathie : L'ostéopathie est un « élargisseur des voies sensorielles » permettant ensuite aux stimulations de l'orthophoniste, du kinésithérapeute ou d'une psychomotricien d'être mieux et plus rapidement intégrés par le cerveau de l'enfant. Historique En résumé, l'ostéopathie et une assistance du système nerveux et hormonal en libérant les communications qui informent et rectifient.
Action sur les cinq sens
Mr Patrick Fontanel, ostéopathe La recherche doit encore beaucoup avancer pour donner des réponses à certaines questions médicales que nous nous posons. Les nouveaux nés porteurs d'une trisomie 21 sont très souvent porteurs d'autres malformations associées. La liste ci-dessous n'est pas exhaustive. Evidement tous les bébés ne présentent pas toutes les malformations associées ici citées. Certains d'ailleurs ne présentent aucune autre pathologie médicale associée. Pourquoi certains bébés présentent certaines malformations et pas les autres, c'est encore une question sans réponse. Le chromosome 21 surnuméraire est le responsable de toutes les anomalies liées à la trisomie. Mais dans ce chromosome il semblerait que seuls certains gènes et non pas le chromosome en entier portent l'entière responsabilité. Ces gènes interagissent avec les autres gènes des 46 autres chromosomes qui constituent l'individu. Ces interactions sont responsables de l'expression plus ou moins importante de certains gènes qui sont inhibés ou activés selon les cas. Dans la formation de l'embryon, le processus est si compliqué que la moindre perturbation de l'environnement génétique ou physique peut provoquer des anomalies dans la formation des différents organes. Un gène qui s'exprime trop ou pas assez à certains moments de la formation de l'embryon peut provoquer des malformations dans l'organe qui est en préparation à ce moment précis. Nous ne savons pas encore pourquoi ces gènes s'expriment plus ou moins chez chaque individu. Les malformations associées les plus fréquentes sont les suivantes 1- Malformations cardiaques Elles sont particulièrement fréquentes. Elles se présentent chez 40 à 50 % des enfants porteurs de trisomie 21. Le plus souvent il s'agit de la persistance d'orifices dans les parois du coeur ou d'une anomalie dans la formation des valves cardiaques. Il est très important d'en faire le diagnostic le plus précocement possible. Si certaines de ces pathologies sont suffisamment graves pour présenter des symptômes au moment de la naissance, d'autres ne se manifestent pas tout de suite, mais si on les laisse évoluer elles peuvent provoquer l'apparition d'insuffisance cardiaque, hypertension pulmonaire ou interférer dans la croissance de l'enfant. Il est possible de traiter la plupart de ces pathologies si le diagnostic est fait suffisamment tôt. C'est pourquoi tout enfant trisomique doit bénéficier d'un examen cardiaque exhaustif, avec radiographie thoracique, électrocardiogramme et échographie cardiaque, examens qui doivent être réalisés par un cardiologue pédiatrique. La qualité de vie de ces enfants sera nettement améliorée par le traitement. Il est important de savoir que certaines de ces pathologies cardiaques peuvent être détectées lors de l'échographie de la vingtième semaine de grossesse ou des ultérieures, et que le diagnostic d'une malformation cardiaque peut conduire à la recherche de l'anomalie chromosomique. Néanmoins certaines malformations mineures ne sont détectées que par l'échographie du nouveau né après la naissance. 2- Anomalies congénitales du tube digestif Elles sont aussi relativement fréquentes. Entre 5 et 12 % des enfants trisomiques soufrent d'une des ces malformations. La plupart de ces problèmes se règlent par la chirurgie qui doit être pratiquée à la naissance pour assurer l'alimentation du bébé. Voici les problèmes digestifs les plus fréquents retrouvées à la naissance : Atrésie de l'oesophage (occlusion de l'oesophage), communication entre l'oesophage et la trachée, sténose pylorique (réduction du passage à la sortie de l'estomac), atrésie duodénale (obstruction de l'intestin proche de l'estomac, maladie de Hirschsprung (absence de nerfs dans la portion basse du colon qui empêche les mouvements normaux d'évacuation de l'intestin), absence de perforation anale... 3- Cataracte congénitaleOn observe des cataractes congénitales chez 3 % des enfants trisomiques. La cataracte congénitale peut être une cause de perte définitive de la vision si l'enfant n'est pas opéré tout de suite. L'opération est très simple. Le diagnostic doit être porté impérativement à la naissance. PROBLEMES MEDICAUX ET PRISE EN CHARGE MEDICALE 1- Altérations de la vision Beaucoup d'enfants trisomiques soufrent de troubles de la vision. En plus de la cataracte congénitale dont on a parlé plus haut, il semblerait que jusqu'à 40 % d'entre eux soient myopes,20 % hypermétropes. Chez les bébés on observe souvent des obstructions des voies lacrymales. Souvent, on trouve aussi des strabismes (déviation du regard), certains présentent des mouvements très rapides des yeux (nystagmus). Souvent on peut trouver des inflammations des bords des paupières (blépharite). Avec l'age il peut apparaître d'autres problèmes. En raison de la fréquence de problèmes oculaires il est important de consulter régulièrement l'ophtalmologue pédiatrique. Les problèmes oculaires peuvent provoquer un surhandicap qui peut compromettre certains apprentissages. Leur traitement précoce est essentiel. 2- Troubles de l'audition Beaucoup d'enfants trisomiques souffrent d'un déficit auditif entre léger et modéré. Les causes les plus fréquentes sont les bouchons de cérumen, des otites à répétition, des otites séreuses fréquentes ou des malformations des petits os de l'oreille. Parfois les infections des voies aériennes supérieures, les grandes végétations provoquent un écoulement médiocre du liquide qui se forme dans l'oreille et qui se cumule. Les examens réguliers de l'oreille et les test d'audition sont essentiels. La perte d'audition chez les petits enfants trisomiques peut provoquer des perturbations très lourdes du langage chez des enfants qui ont déjà un handicap important. 3- Maladies de la thyroïde 15 à 20 % des enfants trisomiques présentent des problèmes de fonctionnement de la glande thyroïde. Le plus souvent le fonctionnement est insuffisant (hypothyroïdie) mais parfois elle peut fonctionner trop vite (hyperthyroïdie). L'hypothyroïdie est recherchée chez tous les nouveaux nés de façon systématique parce que le déficit d'hormone thyroïdienne entraîne des lésions du système nerveux central. Chez les enfants trisomiques, les problèmes de thyroïde sont plus fréquents que dans la population générale et ils deviennent encore plus fréquents avec l'age. C'est pourquoi la surveillance régulière de l'hormone thyroïdienne doit être faite pendant toute la vie de l'individu. Lorsqu'on détecte un déficit d'hormone, le traitement substitutif existe et il est très efficace. 4- Apnée du sommeil L'apnée du sommeil est la présence de courts périodes pendant le sommeil pendant lesquels l'enfant ne respire pas. Lorsque on regarde dormir l'enfant on s'aperçoit qu'il ronfle, que sa respiration s'arrête de temps en temps. L'enfant se repose moins bien, pendant la journée il présente des signes de fatigue et de manque de concentration, l'évolution de ses acquisitions peut être ralentie. Cette apnée est due à une obstruction de la partie postérieure de la gorge, soit à cause de grandes amygdales ou de grandes végétations, à la présence d'une gorge étroite (plus fréquente chez l'enfant trisomique), de la présence de graisse chez les personnes obèses, de la présence d'une malformations des anneaux de la trachée (trachéomalacie). En cas d'apnée importante, l'oxygénation du cerveau peut être réduite et peut compromettre ainsi l'évolution du système nerveux central. Chez certains enfants on peut retrouver aussi une augmentation de la pression sanguine dans les vaisseaux du poumon, ce qui peut provoquer à long terme une insuffisance cardiaque. Parfois, le fait d'enlever les amygdales ou les grosses végétations peut être suffisant pour réduire ou faire disparaître le problème. 5- Infections Il semblerait que les enfants trisomiques soient moins protégés contre les infections que la population générale. Ceci est plus vrai chez les enfants porteurs de cardiopathies congénitales. Chez les enfants, il semble avoir une plus grande fréquence d'infections respiratoires, rhinites, rhino-pharyngites, otites, infections bronchiques... Chez les adolescents les infections de la peau paraissent être aussi plus fréquentes. 6- Problèmes de nutrition Pendant les premières années de la vie, beaucoup d'enfants trisomique ont des problèmes d'alimentation, surtout les enfants porteurs de cardiopathies, qui provoquent un ralentissement de la croissance et des problèmes pour la prise de poids. Par contre avec l'âge il existe une tendance à la prise de poids excessive. Cette tendance est due à plusieurs facteurs: un excès d'ingestion de calories, une réduction de l'exercice physique, une réduction du métabolisme de base. Il faudrait qu'ils réduisent leur ingestion de calories de 10 à 20 % par rapport à la moyenne. C'est pour cela qu'il est très important d'inciter les adolescents et les adultes à manger de façon équilibrée, en réduisant la consommation de sucres rapides (moins bien métabolisés chez les personnes trisomiques), en les incitant également à faire de l'exercice physique. 7- Maladies stomatologiques Les dents des enfants trisomiques poussent souvent tardivement, de façon désordonnée, et parfois les unes sur les autres, elles ont parfois des formes anormales. Mais ce qui est plus important est la fréquence accrue de maladies des gencives. L'hygiène dentale doit être encouragée au mieux et les visites doivent être régulières chez le dentiste dès le plus jeune âge. 8- Convulsions On observe chez les personnes trisomiques jusqu'à 8 % de pathologies convulsivantes. Chez les nourrissons entre 5 et 10 mois il existe une forme spécifique de syndrome convulsif : le syndrome de West. Il est essentiel de le reconnaître et de le traiter au plus vite. Ce traitement est très difficile dans la population générale. Mais il semble que les enfant trisomiques répondent mieux que les autres au traitement spécifique. Chez les enfants plus grands et les adultes on retrouve plus souvent des crises épileptiques classiques. Il est essentiel de les traiter dans tous les cas. Les convulsions non traitées provoquent des lésions cérébrales en réduisant la possibilité d'oxygénation du cerveau. Lorsque les convulsions se répètent souvent les lésions peuvent être irréversibles. 9- Problèmes ostéo articulaires Les personnes trisomiques ont une laxité des ligaments anormalement importante. Cette hyper laxité peut gêner les petits enfants dans certaines de leurs acquisitions motrices, la marche à quatre pattes, la marche débout...et par le faite que les articulations sont moins soutenues par des ligaments trop extensibles ils peuvent présenter des luxations ou des sub-luxations de certaines articulations : la rotule, la hanche, la cheville... Les personnes trisomiques présentent souvent des problèmes ostéo - ligamentaires au niveau du cou. La plupart d'entre eux, 85 %, ne présentent aucun symptôme. Seul 1 à 2 % de ces enfants présentent des formes symptomatiques graves qui peuvent nécessiter une intervention chirurgicale. Pour ceux qui vont pratiquer des sports potentiellement dangereux pour le cou, il est important de faire des examens qui déterminent la présence ou non d'une instabilité des vertèbres cervicales. Les enfants et adolescents qui ont des problèmes de surpoids peuvent avoir des ennuis au niveau des articulations des jambes, les hanches, les genoux, les chevilles et les pieds. La santé chez le jeune enfant porteur de trisomie 21
Sont de loin les plus fréquentes chez tous les enfants, mais l'enfant trisomique présente des caractéristiques spécifiques qui les rendent encore plus fréquentes :
Les cardiopathies congénitales Entre 40 et 50 % des nouveaux-nés trisomiques sont porteurs d'une malformation cardiaque congénitale. Les malformations cardiaques peuvent être de différents types et sont plus ou moins graves selon le type. Les cardiopathies les plus importantes sont souvent repérées lors des échographies pendant la grossesse mais ce n'est pas toujours le cas. A l'examen clinique à la naissance, il peut exister un souffle qui mette sur la piste d'un problème cardiaque. Mais souvent ces souffles ne sont pas présents pendant les premières heures de vie. Le coeur normal Le coeur normal est divisé en quatre cavités, deux cavités gauches et deux cavités droites. A droite, l'oreillette droite et le ventricule droit qui communiquent entre eux par la valve tricuspide. A gauche, l'oreillette gauche et le ventricule gauche qui communiquent par la valve mitrale. Les cavités gauches et droites sont séparées entre elles par un cloison étanche qui ne permet pas la communication entre les deux côtés. A gauche circule du sang artériel, bien oxygéné, à droite du sang veineux peu oxygéné. Le sang de gauche, donc oxygéné, est envoyé par le coeur à chaque contraction (pulsation) dans tous les organes du corps pour apporter l'oxygène indispensable à la vie. Le sang de droite revient au coeur en provenance de tous ces organes, il est peu oxygéné après avoir laissé toute sa charge d'oxygène dans chaque organe qu'il a parcouru. Le système circulatoire forme donc un circuit fermé dont le centre est le coeur. Mais ce circuit est cloisonné, sa partie gauche et droite ne se mélangent jamais.
Mais ce n'est pas le cas avant la naissance. Chez le foetus la circulation sanguine ne se fait pas de la même manière puisque l'oxygénation ne se fait pas à travers les poumons mais à travers le placenta. Chez le foetus il existe un orifice qui communique les deux oreillettes. A ce niveau, le sang veineux et artériel se mélangent. Les malformations cardiaques Les malformations cardiaques les plus fréquentes chez le nouveau-né trisomique sont celles qui provoquent un shunt . Un shunt est une communication anormale entre les cavités gauches et les cavités droites du coeur. La communication peut se trouver à plusieurs niveaux :
(1*) COMMUNICATION INTERAURICULAIRE
(2*) COMMUNICATION INTERVENTRICULAIRE
(3*) CANAL ATRIO VENTRICULAIRE Ces communications (shunts) provoquent un passage anormal de sang du coté gauche vers le coté droit du coeur. La quantité de sang qui passe d'un coté vers l'autre dépend de la taille de l'orifice et des différences de pression entre le coeur gauche (pression plus haute) et le coeur droit (pression plus basse). L'insuffisance cardiaque chez le nourrisson se manifeste par les signes suivants : - L'essoufflement à l'effort, puis aussi au repos. Chez le nouveau né l'effort le plus importante est celui de se nourrir. La prise du biberon peut être éprouvante, épuisante. Avec le temps et plus ou moins vite d'autres signes vont se rajouter qui signeront l'évolution de l'insuffisance cardiaque : - L'augmentation du volume du foie ou hépatomégalie . Le ventre du nourrisson est distendu. Lorsque le shunt est petit, il peut être bien supporté et ne nécessite pas de traitement spécifique hormis un traitement antibiotique pour la prévention de l'endocardite (maladie de Osler) en cas d'intervention chirurgicale ou de soins dentaires. En général il faut plusieurs années pour arriver à l'inversion du shunt. Certaines cardiopathies comme la tétralogie de Fallot (*1) se manifestent par une cyanose permanente puisque le sang oxygéné et le sang non oxygéné se mélangent dans le coeur. Dans ce cas c'est du sang pauvre en oxygène qui arrive dans les différents organes. Pour compenser le déficit d'oxygénation, l'organisme fabrique plus de globules rouges, qui sont les cellules chargées de transporter l'oxygène dans le sang. Dans un premier temps cette augmentation des globules (polyglobulie) est bénéfique et aide à augmenter la quantité d'oxygène qui arrive aux organes. Mais lorsque la situation se prolonge, une quantité trop importante de globules rouges provoque un épaississement anormal du sang, la circulation se fait plus difficilement et d'autres problèmes peuvent apparaître : accidents vasculaires et embolies. Dans ce cas le traitement consiste à pratiquer des saignées régulièrement pour éviter l'épaississement trop important du sang. Cardiopathies d'apparition tardive Le coeur d'une personne trisomique doit être surveillé toute sa vie. Même si l'enfant naît sans pathologie cardiaque, certaines pathologies peuvent apparaître avec l'âge. Les plus fréquentes sont les anomalies valvulaires, surtout l'insuffisance valvulaire avec fuite de sang des valves mitrale (insuffisance mitrale) et aortique (insuffisance aortique). Traitement Traitement des cardiopathies congénitales Encore aujourd'hui les cardiopathies congénitales constituent le problème de santé le plus grave chez l'enfant trisomique. La plupart des décès avant l'âge de 1 an sont provoqués par des malformations cardiaques graves. Les malformations cardiaques avec shunt Les CIA et les CIV de petite taille qui provoquent des fuites peu importantes peuvent ne pas avoir besoin de traitement. La plupart de ces petites communications se referment toutes seules avec le temps, mais nécessitent un contrôle cardiaque stricte et rapproché de la part d'un cardiologue pédiatrique expérimenté. Parfois, si l'orifice ne se referme pas ou s'il commence à donner des symptômes, un traitement chirurgical peut être à envisager. Les CIA et CIV de grande taille ou qui donnent des symptômes justifient le plus souvent un traitement chirurgical. La chirurgie consiste à refermer les orifices anormaux. Il s'agit d'une chirurgie de haut risque qui doit être pratiquée dans de bonnes conditions, aussi bien d'environnement chirurgical que de préparation de l'enfant. Lorsque l'enfant est très petit, s'il est dénutri, s'il a d'autres problèmes de santé et si la chirurgie n'est pas urgente, un traitement médical contre l'insuffisance cardiaque peut permettre de passer un cap ou d'attendre de pouvoir faire la chirurgie dans de bonnes conditions. Lorsque la fuite est très importante la chirurgie peut être urgente pour éviter l'apparition d'autres complications. Certaines anomalies trop importantes de formation du muscle peuvent être inopérables. Malformations cardiaques avec cyanose Leur traitement, lorsqu'il est possible est chirurgical et souvent urgent. (Tétralogie de Fallot) Pathologies cardiaques d'apparition tardive La plupart des fois il s'agit d'une insuffisance des valves mitrale ou aortique. On les détecte à l'auscultation par l'apparition d'un bruit anormal qui se rajoute aux bruits normaux du coeur : les souffles. Certains souffles sont sans importance, on les appelle souffles fonctionnels, mais parfois ils sont la manifestation d'une anomalie valvulaire. Pour faire la différence entre les deux types de souffles il faut faire une échographie cardiaque. Conséquences du retard de traitement Lorsque l'enfant présente une pathologie associée à sa trisomie, que ce soit cardiaque ou autre, son développement physique et psychomoteur sont toujours retardés. Les malformations cardiaques, lorsqu'elles donnent des symptômes, fatiguent beaucoup l'enfant qui dépense une grande énergie à accomplir ses fonctions de base. L'alimentation est difficile et fatigante, l'enfant ne grandit pas ou peu et a beaucoup de mal à prendre du poids. Le retentissement sur son évolution psychomotrice est évident. Certains médicaments servent à traiter cette insuffisance cardiaque et peuvent aider à faire passer un cap (attendre la fermeture spontanée de l'orifice, ou attendre l'intervention chirurgicale). Mais si la chirurgie ne se fait pas et le shunt persiste l'insuffisance cardiaque évolue et s'aggrave malgré le traitement. Au bout d'un certain temps apparaît une hypertension pulmonaire, le shunt s'inverse et il est trop tard pour envisager un traitement chirurgical. Les malformations graves qui provoquent une cyanose permanente, si elles ne sont pas traitées, amènent très vite à une insuffisance cardiaque grave et incontrôlable. Elles provoquent également des complications liées à la viscosité excessive du sang (à cause de la polyglobulie) : embolies, accidents vasculaires cérébraux, ischémies des membres (lésions graves liées au manque d'irrigation du membre dû à l'occlusion d'une artère)... Les insuffisances valvulaires peuvent ne pas donner de signe pendant très longtemps. Mais lors des soins dentaires, de certains examens ou d'opérations chirurgicales (sur un autre site que le coeur) des bactéries peuvent se greffer sur les valves et provoquer une maladie très grave : l'endocardite. C'est pourquoi, il faut faire une traitement préventif par antibiotiques adaptés avant chaque soin dentaire ou intervention chirurgicale. Une insuffisance valvulaire peut ne pas évoluer, ou très peu. Mais si elle s'aggrave elle peut nécessiter une intervention chirurgicale. Si l'opération ne se fait pas, elle peut évoluer dans le sens d'une insuffisance cardiaque plus ou moins grave et provoquer parfois des troubles graves du rythme . Recommandations sur la surveillance cardiologique de la personne trisomique Même en absence de souffle ou de symptomatologie tout nouveau né trisomique doit bénéficier d'une échographie cardiaque à la naissance. - Si l'échographie montre une anomalie, le bébé doit être mis immédiatement entre les mains d'un cardiologue pédiatrique et d'un chirurgien cardiovasculaire pédiatrique. Ce sont eux qui décideront des examens complémentaires et de la conduite à tenir, dans l'immédiat et à moyen et long terme.
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Prévention et traitement des pathologies médicales et chirurgicales les plus fréquentes chez l'enfant et l'adulte trisomique
LE SPORT CHEZ LA PERSONNE TRISOMIQUE
L’activité physique régulière est nécessaire pour une bonne hygiène de vie quelque soit la population dont on parle. La personne trisomique n’est pas une exception. Au contraire, le sport peut avoir d’autres avantages dans cette population en plus des avantages connus dans la population générale.
Une activité sportive régulière et raisonnée devrait faire partie intégrante de la prise en charge dans tous les cas de handicap mental léger et modéré.
L’activité physique orientée commence chez l’enfant trisomique souvent au moment de la prise en charge par le kinésithérapeute, pendant les premiers mois de la vie. La kinésithérapie précoce a un énorme intérêt pour le petit trisomique. Le bébé trisomique est hypotonique et présente une hyper laxité ligamentaire souvent importante, ainsi que des anomalies de la proprioception, des troubles de l’équilibre et de la coordination. La kinésithérapie précoce apprend l’enfant à se retourner, à s’asseoir, à passer de la position couchée à la position assise, à ramper, à marcher à 4 pattes, à se mettre débout, à marcher, à courir, à sauter et à passer des obstacles. Ces différentes étapes doivent toutes être franchies, dans l’ordre et de la façon la plus harmonieuse et précoce possible. La kinésithérapie travaille aussi sur le renforcement musculaire, la proprioception et la posture. Avec la croissance la persistance de l’hyper laxité ligamentaire, de l’hypotonie musculaire et des troubles proprioceptifs ont des conséquences sur le reste de l’appareil locomoteur et indirectement sur les autres fonctions organiques. L’apparition de pieds plats, de luxation de la rotule, de genu varum, de scoliose avec une posture cyphoscoliotique qui peut entrainer une insuffisance respiratoire restrictive si elle est importante. Tout cela cumulé tend à rendre l’enfant de moins en moins mobile, ce qui s’accompagne, en plus, d’une prise de poids, voir d’obésité, avec encore moins de mobilité et plus de complications de santé. Nous rentrons dans un cercle vicieux dont il est difficile de sortir.
C’est pour ça que le travail de kinésithérapie doit se poursuivre longtemps, surtout à certains moments critiques de la vie de l’enfant (adolescence). Et c’est pour ça aussi qu’il est essentiel d’habituer l’enfant depuis la petite enfance à bouger et à faire de l’exercice physique, pour prévenir l’apparition de complications liées à la vie trop sédentaire.
LES EFFETS BENEFIQUES DU SPORT
Le sport, en général a des effets sur la personne trisomique en agissant sur les données suivantes :
Amélioration de l’équilibre
Amélioration de la latéralité
Amélioration de la proprioception
Amélioration de la coordination
Prévention du surpoids
Amélioration de la concentration
Amélioration de la réponse aux consignes
Amélioration de la mémorisation
Amélioration de la précision
Sociabilité
Tout cela aboutissant à une amélioration de l’autonomie, de l’indépendance et de l’intégration sociale.
LE SPORT OUI MAIS COMMENT ?
Pendant la toute petite enfance de l’enfant trisomique l’activité physique est assurée au moins une fois par semaine par le kinésithérapeute.
Les enfants « ordinaires » commencent à pratiquer certains sports vers l’âge de 3 ou 4 ans. Certaines activités peuvent commencer avant : bébés dauphins, baby gym, baby poney. Les bébés trisomiques peuvent en faire autant au même âge, en tenant compte de quelques détails. Pour que les enfants puissent faire de la gymnastique il faut, au moins, qu’ils marchent et pour faire du poney il faut qu’ils se tiennent assis avec un minimum d’assurance. Pour les bébés nageurs il n’y a aucune restriction. Le contact avec l’eau est excellent pour tous les enfants.
Lorsque l’enfant commence à faire des activités physiques petit, il est tout naturel pour lui de continuer à en faire en grandissant.
LE CHOIX DU SPORT
Le choix du sport se fait à la base comme pour tous les autres enfants, en fonction de l’attirance de l’enfant et de la famille. Souvent ce sont les parents qui choisissent le sport de l’enfant en fonction des sports déjà pratiqués au foyer, en fonction des possibilités financières et des structures d’accueil.
Pour l’enfant trisomique le choix doit se faire sur les mêmes critères en tenant compte en plus de l’existence ou non de pathologies associées et du type de pathologie.
Lorsque ces pathologies existent il faut avoir un avis médical spécialisé avant de débuter le sport. Il s’agit essentiellement des maladies cardiaques, rénales et de l’épilepsie. Dans le cas de la trisomie 21 il est important de pratiquer une radiographie de la colonne vertébrale cervicale vers l’âge de 6 ans. En effet il existe parfois des sub luxation des deux premières vertèbres cervicales qui, même sans donner des signes, peuvent contre indiquer la pratique de certains sports.
Concrètement il n’y a pas un sport idéal pour l’enfant trisomique. Le choix est large dans toutes les possibilités qui s’ouvrent à lui. Il n’y a pas beaucoup de sports absolument contre indiqués. Le but de la pratique sportive est de tirer un maximum de profit et de plaisir pour l’enfant sans le rendre nocif.
LES DIFFERENTS SPORTS
Sport de groupe
Sports individuels
Sports en salle
Exports d’extérieur
Exports faisant participer un intermédiaire animal
Idéalement la pratique sportive de l’enfant trisomique devrait avoir lieu dans des structures ouvertes avec des enfants valides et handicapés. Lorsqu’il s’agit de sports de groupe avec compétition c’est souvent délicat dans la mesure où on demande à l’enfant une performance qui est trop souvent en dessous de celle du groupe. Evidement il ne s’agit pas de mettre l’enfant en difficulté ni en échec. Si c’est le cas il vaut mieux changer de sport.
La pratique du sport permet à l’enfant de se valoriser face aux autres et vis-à-vis de lui-même, développer la confiance en soi, d’améliorer sa socialisation surtout dans la pratique des sports d’équipe avec un but commun, favorise sa musculation et le traitement de l’hypotonie et la prévention du surpoids et de toutes ses conséquences. Croissance Le chromosome 21 surnuméraire est responsable d’une taille à l’age adulte plus petite que la moyenne de la population non trisomique. Il existe des courbes de croissance adaptées à l'enfant trisomique. Ces courbes s’utilisent de la même manière que celles destinées à la population générale. Lorsqu’on étudie la taille d’un enfant trisomique il est important de s’appuyer sur des tables adaptées à cette population. Vous pouvez trouver ci-dessous les tables correspondant à la taille, le poids et le périmètre crânien des filles et des garçons porteurs de trisomie 21, de 0 à 3 ans et de 3 à 15 ans. Vous pouvez apprécier la différence de taille entre la population trisomique et la population normale.
images/périmètre crânien filles.pdf images/périmètre crânien garçons.pdf
L’enfant trisomique présente certaines pathologies avec une plus grande fréquence que les enfants de la population générale. Certaines de ces pathologies sont détectées à la naissance et surveillées par la suite. D’autres n’existent pas à la naissance et peuvent apparaître plus tard. Certaines se présentent « à bas bruit » ce qui veut dire qu’elles ne donnent des symptômes que lorsqu’elles sont déjà bien installées. Nous savons quels sont ces problèmes, il est important de les rechercher même si l’enfant ne présente pas de signes évidents. Certaines maladies, comme l’hypothyroïdie ou la maladie cœliaque ont un traitement facile mais négligées ou méconnues elles peuvent avoir des conséquences désastreuses sur l’évolution de l’enfant. Certains problèmes ORL ou ophtalmologiques ont aussi des solutions rapides et faciles, à condition de ne pas les méconnaitre. Une insuffisance auditive ou visuelle peuvent avoir des conséquences graves sur les apprentissages. D’autres pathologies peuvent être plus ou moins faciles à diagnostiquer ou à traiter, mais il faut toujours les rechercher aux âges d’apparition ou de manifestation plus fréquente. Sur le tableau ci-dessous vous pouvez trouver les examens conseillés en fonction de l’âge de l’enfant
Alimentation
Il est important d’instaurer une alimentation équilibrée à partir du plus jeune âge chez tous les enfants. Plus encore chez l’enfant trisomique parce qu’il possède des caractéristiques particulières qui vont être déterminantes pour sa santé, surtout après l’adolescence.
1- Chez le nouveau-né
Chez tous les nouveaux-nés, trisomiques ou non, le réflexe de succion existe bien avant la naissance et les mouvement de succion sont bien coordonnées avec les mouvements de déglutition. La stimulation de la bouche provoque de manière réflexe le déclenchement de ces mouvements de succion-déglutition. Il ne devrait donc pas y avoir de problème important d’alimentation. MAIS :
1.1 Problèmes d’alimentation
A/ Chez le nouveau né trisomique il existe des malformations du système digestif qui sont présentes dans une proportion plus importante que dans la population générale :
Atrésie de œsophage*
Atrésie du grêle*
Sténose du pylore*
Maladie de Hirschprung*
Ou des problèmes moins graves qui les touchent autant qu’aux nourrissons non trisomiques
Hernie diaphragmatique qui provoque un reflux gastro-oesophagien*
Coliques
B/ Le nourrisson trisomique présente des caractéristiques particulières de la sphère bucco-pharyngienne qui peuvent provoquer des difficultés, parfois importantes, de l’alimentation
- L’hypotonie musculaire de la langue et des muscles des joues, du voile du palais, des lèvres. Le palais est plus étroit et plus court que la normale et il existe parfois une mauvaise coordination entre les muscles de la langue et de la gorge. Le réflexe de succion est conservé mais le nourrisson n’a pas la force musculaire requise pour téter, ou il se fatigue facilement, boit quelques gorgés qui l’épuisent, s’endort, re tête un peu… La prise d’un biberon peut nécessiter beaucoup de temps.
- Beaucoup de ces enfants gardent la bouche ouverte en permanence, en partie à cause de l’hypotonie des lèvres et des muscles qui entourent la bouche et ils ont du mal a amener l’aliment de la partie antérieur à la partie postérieure de la bouche, la déglutition peut être difficile.
Lorsque des problèmes apparaissent juste après la naissance il faut commencer par éliminer une malformation qui nécessite une chirurgie en urgence.
Si ce n’est pas la cas, et que le problème est lié à l’hypotonie, l’aide d’un orthophoniste formé aux nourrissons peut être importante. Le but initial est de stimuler tous les muscles de la langue, de la face et de la bouche par des massages et de petites manipulations qui peuvent être pratiquées par les parents une fois qu’ils l’ont vu faire plusieurs fois. Les massages stimulent les muscles, permettent au cerveau de l’enfant de « repérer » cette partie du corps, de la reconnaître, et fortifient les muscles. Tout ceci est important dans le cadre de l’alimentation et deviendra essentiel lorsque l’enfant commencera à parler. En effet il faut, pour l’émission de certains sons, un tonus correct des lèvres, de la langue et du voile du palais. C’est pourquoi, la prise en charge par un orthophoniste doit être le plus précoce possible, dans tous les cas.
*Atrésie : rétrécissement
*Œsophage : tube qui amène les aliments de la bouche jusqu’à l’estomac
*Grêle : intestin fin
*Pylore : sortie de l’estomac vers l’intestin grêle
*Maladie de Hirsprung : certaines parties du colon manquent de terminaisons nerveuses qui le font bouger pour faire avancer les selles vers l’anus pour les évacuer. Les selles s’arrêtent en arrivant à ces parties non innervées, stagnent et peuvent provoquer des constipations très graves, voire des syndromes occlusifs. Le traitement est chirurgical.
*Reflux gastro-oesophagien : le clapet qui empêche les aliments de remonter de l’estomac vers l’œsophage fonctionne mal. Les aliments, mais surtout les liquides ont tendance à remonter jusqu’à la gorge, surtout lorsque l’enfant est allongé
1.2 Qualité de l’alimentation
Le nouveau-né boit essentiellement du lait. Mais il est important de commencer à lui donner de l’eau.
L’allaitement maternel non seulement n’est pas contre-indiqué mais il est même conseillé.
Il crée des liens entre la mère et l’enfant
Il possède tous les nutriments dont le nourrisson a besoin
Il transmet au nourrisson les anticorps d’origine maternel qui le protégeront de certaines infections pendant les premières semaines ou les premiers mois.
Si le bébé a du mal à boire, il est possible que le biberon le fatigue moins. En effet, on peut ouvrir un peu plus l’orifice de la tétine pour que le lait sorte plus facilement, ce qui demande moins d’effort aux muscles hypotoniques de la face. En cas de grosses difficultés, il existe des tétines plus souples adaptées aux enfants prématurés qui peuvent aider les enfants trisomiques trop hypotoniques.
Actuellement les pédiatres conseillent d’introduire les autres aliments le plus tard possible, après le sixième mois. Il y aurait une recrudescence des allergies alimentaires chez les enfants chez lesquels on a introduit trop tôt certains aliments.
Mais le bébé trisomique a une tendance très importante à la constipation. Ses muscles abdominaux sont hypotoniques et ne font pas leur travail, le transit intestinal est ralenti. Lorsque la constipation est installée et importante il vaut sans doute mieux d’introduire progressivement avant l’age de six mois des fruits et des légumes, en choisissant ceux qui sont peu allergisants : la pomme, la poire, l’orange, les haricots verts, les épinards… Il faut éviter les fruits exotiques, la banane, la fraise, et ne pas donner de légumes secs.
Lorsque l’enfant commence à manger à la cuillère, des problèmes peuvent se présenter. L’hypotonie de la langue peut empêcher le bébé de ramener les aliments vers le fond de la bouche. S’il a la bouche tout le temps ouverte, la langue peut pousser dans le sens de sortir les aliments, au lieu de les introduire dans la bouche. Ca peut être interprété comme un signe de rejet de la part de l’enfant alors qu’il s’agit seulement d’une mauvaise utilisation de la langue.
Pour l’habituer à manger à la cuillère et l’aider à ramener les aliments vers le fond de la bouche, on peut introduire la cuillère en l’appuyant sur la langue, dans un premier temps, pour apprendre au bébé la sensibilité de la langue.
2- Chez l’enfant de plus de 6 mois
L’éducation nutritionnelle commence chez tous les enfants dans la petite enfance.
Socialement parlant, la nourriture a une importance énorme. On se réunit en famille, entre amis, entre collègues de travail, autour d’une table. On ne mange pas seulement pour s’alimenter mais pour échanger, partager, passer un bon moment. Les repas en famille créent des situations privilégiées pour l’échange ; parfois c’est le seul moment de la journée où la famille se trouve réunie. La nourriture participe aux situations d’intégration. L’enfant autonome pour l’alimentation peut manger à la cantine de l’école, peut être invité par ses petits copains aux goûters, aux repas, peut aller n’importe où. Etre autonome pour la nourriture veut dire manger seul, proprement, manger de tout, pouvoir s’adapter à des situations différentes (la cantine, le restaurant, la maison des amis, les grands parents…)
Par ailleurs l’alimentation que l’enfant reçoit pendant ses premières années de vie est essentielle pour son avenir alimentaire. Ceci fait partie de l’éducation de l’enfant. En mangeant tous les jours il apprend qu’il doit manger de façon équilibrée, et que ceci est important pour son poids et pour sa santé. C’est ainsi que lorsque l’enfant sera un adolescent ou un adulte et qu’il sera seul pour choisir ses aliments, il ne choisira pas seulement ceux qu’il aime mais aussi ceux qui sont bons pour lui.
L’équilibre alimentaire est important pour tous les enfants mais plus encore pour l’enfant trisomique. Les personnes trisomiques ont tendance au surpoids, voire à l’obésité, surtout à partir de l’adolescence, plus encore que la population générale.
L’alimentation actuelle est trop riche en sucres rapides et en graisses et pauvre en féculents et en fibres. Par ailleurs les enfants sont suralimentés, le grignotage est trop fréquent et la population se sédentarise. L’obésité dans la population générale est devenue un problème de santé publique.
Par ailleurs, les cancers du colon et du système digestif et autres « petits » problèmes comme la constipation se développent à cause d’une alimentation pauvre en fibres et trop riche en acides gras saturés.
Nous rappelons que la constipation et l’obésité sont des problèmes importants et fréquents chez la personne trisomique pour les raisons suivantes :
1- Les terminaisons nerveuses dans le colon des personnes trisomiques sont moins nombreuses et plus pauvres. Ces personnes ont tendance à boire peu d’eau. De ces faits, le transit intestinal est ralenti. Par ailleurs, les muscles abdominaux sont hypotoniques et ne font pas leur travail de sangle, qui stimule le transit. Et pour différentes raisons les trisomiques sont, en général, très sédentaires. Tout ceci conduit à des problèmes de constipation parfois très importants.
2- Les personnes trisomiques métabolisent mal le sucre. Ce métabolisme est parfois très altéré. Lorsqu’ils mangent du sucre rapide, le pancréas sécrète des quantités d’insuline trop importantes pour la quantité de sucre qui circule. Le sucre disparaît du sang beaucoup trop vite provoquant des hypoglycémies parfois très importantes peu de temps après les repas. L’hypoglycémie provoque des altérations dans le cerveau avec un ralentissement des fonctions cérébrales, déjà ralenties chez les trisomiques. L’hypoglycémie provoque également des fringales avec une sensation de faim. Ils apprennent vite que ça va mieux s’ils remangent de suite. De ce fait ils mangent très souvent dans la journée, avec un apport calorique excessif. Tout ceci lié à la sédentarité augmente le risque de surpoids.
Pour toutes ces raisons il est important, dès la diversification alimentaire, à l’age de 6 mois, d’habituer l’enfant à manger de tout, lui donner à goûter des aliments très variés en consistance, en goût, en couleur. Ceci participe à l’éveil des sens de l’enfant, l’habitue à goûter à tous les aliments, même ceux qu’il ne connaît pas. A partir de l’âge de deux ans l’enfant fait son choix et ne veux plus, au moins pendant un certain temps des aliments qu’il ne connaît pas. Lorsque l’enfant est petit et apprend à manger il doit également pouvoir toucher les aliments avec les doits , les manipuler avec les mains. C’est par les mains qui vont spontanément vers la bouche que passe une bonne partie de l’information dont le cerveau a besoin.
En résumé
La nourriture participe comme tous les autres stimulations à l’éveil de l’enfant trisomique. On mange plusieurs fois par jour, tous les jours. La répétition est la base fondamentale de l’apprentissage chez l’enfant trisomique. Les repas sont donc une excellente opportunité pour apprendre certaines notions essentielles à l’enfant.
L’équilibre alimentaire participe à la bonne santé physique. Par ailleurs en évitant le surpoids, elle contribue à donner un aspect physique attirant, et ceci est essentiel pour l’intégration. Nous savons tous comme l’aspect extérieur est important pour tous, surtout au moment de l’adolescence.
Les notions essentielles à retenir
o Il faut apprendre à l’enfant, et ce depuis le début, à manger de tout.
o Il faut limiter au maximum l’apport en sucres rapides : sucre dans les yaourts, desserts sucrés, bombons, chocolats et autres friandises, boissons sucrées (sirops, sodas…)
o Il faut donner une alimentation équilibrée en donnant la priorité aux aliments riches en fibres (salades, légumes verts, fruits)
o Il faut limiter les apports trop important en graisses.
o Il faut interdire le grignotage
o Il faut apprendre à l’enfant à beaucoup boire … DE L’EAU
o donner trois repas par jour. Lorsque les enfants sont petits ils ont besoin aussi d’un goûter le matin et l’après midi en évitant les sucreries (préférer un fruit ou un produit laitier)
Par ailleurs, il faut donner des repères aux enfants, respecter des horaires fixes de repas. |